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Minia Biabiany

 

Minia Biabiany, Toli Toli, 2018.

Anlässlich der 10. Berlin Biennale habe ich das Werk von Mini Biabiany entdeckt. Es war das erste Mal, dass ich kreolisch in einer Ausstellung hörte. J’ai découvert le travail de Minia Biabiany à l’occasion de la 10ème Biennale de Berlin. C’est bien la première fois que j’entendais du créole dans une visite d’exposition.

Du bevorzugst Ortsspezifische. Welche Projekte hast du in Memorial AcTe in Guadeloupe entwickelt? Hast du auch andere Kunstwerke an diesem Ort ausgestellt? Tu privilégies les créations in situ. Quel projet as-tu développé au Memorial AcTe en Guadeloupe? Est-ce que tu as exposé d’autres œuvres dans ce lieu?

Ich habe die Skulptur tonbé lévé, ramification du temps, horizon cyclone anlässlich der Ausstellung « Kréyol G(art)den » in den Außenräume der MACTe Ende 2017 gezeigt. Das Museum liegt an einem See und war bereits Gegenstand einer kontroversen Diskussion wegen seines Baus aber auch wegen der darin ausgestellten Kunst. Dies hat mich dazu gebracht, zu hinterfragen, inwiefern die zum einem so monumentale Architektur des MACte mit dessen Rolle als Museum gedanklich in Einklang zu bringen ist.

Der Hurrikan Maria hatte die ganze Vegetation von Basse-Terre verwüstet und zeigte wie die Zeit in einem Sturmgebiet erlebt wird. Die Hurrikane sind tatsächlich Zeitmarker: Am Anfang steht die Vorbereitung bzw. Vorbeugung wie auch die Furcht vor ihnen. Ihre Vornamen erinnern aber noch lange danach an ihre Auswirkungen erinnern. Das Rettungsboot der Bildhauerei tonbé lévé, ramification du temps, horizon cyclone erlaubt die Bewegung hin zu einer anderen historischen Erzählung: die Darstellung von Flucht, welche zeitgenössischen und vergangene Freiwillig-  oder Zwangsmigration verbindet. Es erlaubt auch Neuanfänge.

Dann leitete ich Aktivitäten für Kinder und Jugendliche im Rahmen der Ausstellung « Gabriel Garcia Marquez, Edouard Glissant, Solitudes et Relation », in denen ich an der kollektive Produktion einer visuellen Sprache oder Inszenierung durch Zusammenführung verschiedener Elemente des zeitgenössischen karibischen Kontexts arbeitete.

J’ai montré la sculpture tonbé lévé, ramification du temps, horizon cyclone lors de l’exposition « Kréyol G(art)den » dans les espaces extérieurs du MACTe fin 2017. La mer arrive aux pieds du Mémorial Acte qui est un musée dont la construction et le contenu ont suscité une forte polémique. Je me suis intérrogée sur sa fonction voulue mémorielle mise en tension avec son architecture monumentale et finalement son rôle de musée. L’ouragan Maria venait de ravager la végétation de la Basse-Terre mettant en avant comment se vit le temps sur une terre de cyclones. Les ouragans sont des marqueurs, on se prépare à leur arrivée, on retient leurs prénoms, on les craint puis les personnifie. Le radeau de la sculpture tonbé lévé, ramification du temps, horizon cyclone devient une possibilité de remettre en mouvement un autre récit de l’Histoire, une échappée qui lie migration contemporaine et passée, volontaire ou forcée et la prégnance d’un perpétuel recommencement.

Ensuite j’ai été chargée de plusieurs ateliers pour enfants et adolescents liés à l’exposition « Gabriel Garcia Marquez, Edouard Glissant, Solitudes et Relation » dans lesquels j’ai travaillé sur la production collective d’un langage visuel ou de mises en scène à partir d’éléments divers présents aujourd’hui dans le contexte caribéen.

 

In deiner Installation sind Skizzen auffallend präsenz  aber in einem großen Maßstab. Welche Rolle spielt das Zeichnen in deinem Schaffensprozess? Des esquisses se retrouvent à grande échelle dans tes installations. Quelle place occupe le dessin dans ton processus de création? 

Was mir mit dem Wort « Skizzen » zuerst in den Sinn kommt, hat mit der Gestik, dem Körper, einem flüchtige Moment zu tun. Ein Moment, der dennoch eine Spur in meinen Installationen hinterlassen können. Die Skizzen in meiner Arbeit sind keine Installationsskizzen sondern von Details der Orte beeinflusst.  In meiner Arbeit verstehe ich das Zeichen als eine sehr eng mit der Materialauswahl des Drahts verbundene Komponente.. Es ist das erste Element, das ich für das Verständnis eines Ortes benutze. Es gilt als Messung, ein fragiles Schreiben, das die Wahrnehmung des Raums ohne seine Verdoppelung  zu maskieren, gestaltet. Die Installation finden eine eigene Route ohne die Abhängigkeit zu einer zusätzlichen Lektüre, sie entwickeln, wenn man so mag einen eigenen Geist. Das Zeichnen schafft sodann Dichte.

Ce qui me vient à l’esprit avec le mot “esquisse » convoque le geste, le corps, un moment fugace qui pourtant pourra laisser une trace dans mes installations. S’il y a des esquisses dans mon travail ce ne sont pas des esquisses de l’installation qu’on est entrain de regarder. Ce seraient plutôt des esquisses influencées par des détails du lieu, par un moment du passé ou qui est à venir. Dans mon travail le dessin existe beaucoup avec la matérialité du fil. C’est le premier élément que j’utilise pour comprendre un lieu. C’est pour moi une sorte de mesure, une écriture fragile qui modèle la perception de l’espace sans pour autant le masquer pour que l’espace se dédouble. Les installations deviennent des cartes sans hiérachie de lecture, plus ou moins mentales et le dessin (au fil ou au trait) crée des densités, des décollements dans le regard.

 

À propos de Toli Toli.

Zwei Sprachen sind sowohl zu hören als auch zu lesen: Kreolisch und Englisch. Deine vorangegangenen Werken hast du der Reihe nach auf Englisch, Spanisch, Kreolisch und Französisch betitelt. Wieso genau hast du dich dazu entschieden eben diese Sprachen in deiner Arbeit zu nutzen. Nach welchen Kriterien fällst du solche Entscheidungen? Dans Toli Toli, deux langues sont à entendre et à lire: le créole et l’anglais. Pour tes précédentes œuvres, tu titrais tour à tour tes productions en anglais, espagnol, créole et français. Pourquoi cette prise de position et selon quels critères choisis-tu d’incorporer ces langues dans ton travail?

Das ursprüngliche Lied toli toli ist ein kreolisches Lied von Land aus den Fünfziger Jahren, dessen Liedtext ich verändert habe. Meine Befragung über über den Ort erstreckten sich mehr und mehr auf die Sprache und die Erzählungen vor Ort. Ich habe mehrere Muttersprachen und Deshalb gehört für mich gerade auch die Namensgebung einer Installation zur Poetik der ihr innewohnenden mentalen Landschaft. Die Sprache ist ein deformierender Spiegel, der ein Blick auf unsere Gewohnheiten und Üblichkeiten erlaubt. Auf Spanisch oder auf Englisch nachzudenken ist anders und deshalb bietet jede Übersetzung Zwischenräume, die die Lektüre verändern oder bereichern können. In dem Video Toli Toli,steht die kreolische Sprache im Zusammenhang mit meiner Beziehung zu Guadeloupe, nachdem ich 12 Jahre lang außerhalb der Inselgruppe gelebt habe. Auch wenn ich nicht durchgängig mit Kreolisch aufgewachsen bin, bleibt es meine „Bauch“-Sprache. Mit all seiner Poetik.

La chanson originale toli toli est une chanson rurale en créole des années cinquante dont j’ai changé les paroles. Mon questionnement sur le lieu s’ouvre de plus en plus vers en un questionnement sur le langage et la narration. J’ai plusieurs langues maternelles et l’acte de nommer (un travail) relève de la poétique du paysage mental de chacun. La langue peut être un miroir déformant qui permet de regarder nos étiquettes. Le fait que penser en espagnol soit différent de penser en anglais fait que toute traduction est pleine d’interstices qui multiplient les lectures. Dans la vidéo Toli Toli le choix du créole parle de ma relation d’aujourd’hui avec le territoire de Guadeloupe après avoir passé 12 ans dans plusieurs ailleurs. Même si je n’ai pas grandi entourée d’un créolé militant, il reste ma langue du ventre, avec sa poétique.

 

Worauf bezieht sich das Wort « Doukou » in deinem Video?  Est surnommée « Doukou » une personne lunatique. Dans ta vidéo, à quoi ce mot fait-il référence? 

In dem Video Toli Toli  soll das Wort « doukou » eine bestimmte Zeit im Zyklus definieren. In Guadeloupe bezeichnet ‚doukou’ das spezifische lokale Wissen vom Zusammenspiel von Mond und denjenigen, die den Boden bearbeiten oder mit dem See arbeiten: z.B. « doukou bodlanmè »(doukou von Meeresstrand) ist anders als « doukou montagn » (doukou von Berg). Man muss diese Wurzeln während des passenden « doukou » pflanzen, um ein gesundes Wachstum zu erzielen. Gleiches gilt für die Ernte. Mit dem Mond zu pflanzen ist ein Wissen, das man in zahlreichen Länder wiederfindet, die sich ihre traditionelle Landwirtschaft bewahrt haben.

Dans la vidéo de Toli Toli le mot « doukou » fait allusion aux notions de temps prédéfini et de cycle. En Guadeloupe “doukou” relève d’un savoir local spécifique lié à la lune utilisé par celles/ceux qui travaillent la terre ou avec la mer dans un territoire précis: par exemple le « doukou bodlanmè” (doukou du bord de mer) n’est pas le « doukou montagn” (doukou de montagne). Il faut planter telle racine durant le bon doukou pour obtenir une croissance saine et il faudra la recolter également à un moment précis. Planter avec la lune est un savoir que l’on retrouve de nombreux pays ayant pu conserver une agriculture traditionnelle.

 

Toli Toli zieht nicht nur das Seh- und Hörorgan hinzu, sondern auch das Tasten und das Riechen. Wieso war es für dich nötig, diese Sinne zu aktivieren lassen? Toli Toli convoque non seulement la vue et l’ouïe, mais aussi le toucher et l’odorat. Pourquoi le besoin d’activer ces sens aux spectateurs? 

Der Raum kann wie die Atmung verstanden werden, als eine Ein- und Auslaufbewegung von Interaktion. Wenn die Schatten auf die Besucher projiziert sind und sie sich in der Installation bewegen, ist der ganze Körper aktiv. Es entsteht also ein Bereich, in dem nicht nur Beziehungen dargestellt, sondern darüber hinaus  auch neue Beziehungen zu den Rezipienten geschaffen werden.

L’espace peut se penser comme une respiration, un va et vient permanent d’interactions.  Lorsque les ombres sont projetées sur le spectateur et qu’il se déplace à travers l’installation, c’est le corps qui est convoqué, ce territoire de relations et en relation par lequel se construit aussi la narration. 

« Identity is not as transparent or unproblematic as we think. Perhaps instead of thinking of identity as an already accomplished fact, which the new cultural practices then represent, we should think, instead, of identity as a ‘production ‘, which is never complete, always in process, and always constituted within, not outside, representation. » Cultural Identity and Diaspora, Stuart Hall. Wenn man ‘identity’ mit ‘territory’ ersetzt, wie klingt dieser Auszug in Beziehung zu deiner Arbeit? Si l’on remplace ‘identity’ par ‘territory’, comment résonne pour toi cet extrait au vue de ton travail?

Dann klingt auch das mit, was mich betrifft: Insbesondere meine Beziehung zum französischen Gebiet der Karibik, das sich wegen der kolonialen Veräußerung stets ins politischer Konstruktion befindet, dabei aber den kontinuierlichen Aufbauimplus nicht verliert.

Il fait écho à ce qui me parle. Surtout mis en lien avec un territoire français de la Caraïbe complètement figé par une constriction politique due à l’aliénation coloniale mais ayant un perpétuel élan de construction. 

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